Vindicta : la Vengeance

Définition

La vengeance naît d'une haine réciproque (ou qu'on imagine réciproque). C'est le désir de faire du mal à quelqu'un qui nous en a fait, et à qui l'on veut rendre la pareille. La vengeance relève de la colère, et donc de la haine… et donc de la tristesse.

La vengeance signifie : « Cette personne m'a fait du mal parce qu'elle me hait, alors je la hais en retour et veux lui en faire à mon tour. »

Elisabetta Sirani — Timoclée précipite le capitaine d'Alexandre le Grand dans un puits (1659).

Explication

La vengeance promet de réparer une souffrance passée par une souffrance future. Mais elle confie notre apaisement à une condition que nous ne maîtrisons pas : que l'autre souffre assez, qu'il comprenne cette souffrance et que celle-ci nous paraisse enfin proportionnée à la nôtre.

Il convient de distinguer l'acte de vengeance et le désir de vengeance. C'est ce dernier qui nous intéresse ici, lequel peut persister même après l'acte, et vous fera durablement souffrir. On peut en effet envoyer une remarque blessante, obtenir des excuses, voir l'autre perdre quelque chose… puis constater que la rancune demeure.

Ce type de haine peut être particulièrement difficile à dominer du fait que la vengeance nous paraît souvent justifiée.

Remèdes

Spinoza propose 5 remèdes contre les passions tristes, dont le désir de vengeance.

L'application de cette méthode peut aider à examiner la situation avec plus de lucidité, par exemple en :

  • examinant si le tort a réellement été causé par haine ;
  • se demandant quelle transformation concrète on attend de la souffrance de l'autre ;
  • comprenant que la peine infligée ne modifie pas le passé ;
  • distinguant protection, justice et vengeance : se protéger cherche à empêcher un mal futur. Réparer cherche à corriger les conséquences d'un mal passé. Se venger cherche à produire un nouveau mal parce que le premier a eu lieu.

En outre, la vengeance étant fondamentalement de la haine et de la colère, nous vous invitons à consulter les pages dédiées à ces deux affects.

  1. [1] Spinoza, Éthique, III, Définition des affects, Définition XXXVII (trad. Bernard Pautrat, Seuil, 2010, p. 345). ↩